Cycling gear

Cooking gear

Camping gear

Un an en chiffres

Le 20 octobre dernier, nous fêtions notre premier anniversaire de vie nomade. L’occasion de se remémorer l’année écoulée et d’en faire un petit bilan chiffré. Certains chiffres en disent beaucoup sur notre façon d’envisager notre voyage.

Pédaler doucement : 11655 kilomètres parcourus en 207 jours dans 18 pays

Cela signifie que nous avons pédalé 57% du temps et parcouru en moyenne 56,3 kilomètres par jour. Nos deux plus longues journées furent épiques :
152 kilomètres en 8h16 par plus de 45 degrés à l’ombre en Azerbaïdjan avec Floriane, la petite soeur de Noémie.
154 kilomètres en 9h30 en luttant contre un col de montagne sous une tempête de neige au Kirghizistan.
Ces longues journées restent l’exception puisque nous avons franchi la barre des 100 kilomètres seulement 18 fois, contre 46 journées à parcourir moins de 30 kilomètres. Notre plus courte journée ? 20 minutes et un kilomètre de montée pour aller garer nos vélos derrière une église et marcher jusqu’à une grotte où nous avons joué aux ermites pendant cinq jours. En bref, on aime bien prendre notre temps.

Grimper un peu: 50 jours dans 4 pays différents

Nous avons grimpé 10 jours à Osp en Slovénie, 5 jours à Rovinj en Croatie, 4 jours sur l’île de Hvar en Croatie, 1 jour dans les environs de Dubrovnik en Croatie, 1 jour à Météora en Grèce, 25 jours à Kalymnos en Grèce, 1 jour à Olympos en Turquie et 3 jours à Aladaglar en Turquie.

Nous avons donc utilisé nos 8kg de matos d’escalade 50 jours dans 4 pays différents. C’est bien moins que ce que nous avions imaginé. Nous avons largement surestimé notre capacité à concilier vélo et escalade. Être à la bonne saison au bon endroit n’est pas facile quand on a décidé de se déplacer uniquement à vélo. Les mauvaises conditions climatiques le long de la côte adriatique puis en Turquie ont contribué à réduire le temps passé sur du rocher. On espère inverser la tendance en Asie du Sud-Est en réduisant les distances à parcourir entre chaque falaise et en se donnant un minimum de 15 jours sur chaque site. Nous espérons donc être au meilleur de notre forme à la fin du printemps, l’idée étant de retourner au Kirghizistan au mois de juin prochain pour aller faire du big wall dans une vallée perdue à la frontière avec le Tajikistan.

Manger beaucoup : 10 jours d’autonomie maximum

Avec 90 cl de pétrole, nous pouvons cuisiner des repas plutôt élaborés matin midi et soir pendant six à huit jours. Bien que nous cuisinons au pétrole, c’est bien la nourriture qui est notre carburant. Le problème c’est que plus on transporte de réserves, plus on est lourd et plus on a faim… Même si avec le temps nous avons réduit les quantités que nous transportons, nous essayons toujours d’avoir suffisamment à manger pour pouvoir passer un jour sans pédaler si jamais on tombe sur un endroit qui nous plait. Au Tajikistan, faire un détour par le parc national du Zorkul impliquait de parcourir 300 kilomètres sans voir un village. Étant donné le dénivelé, l’altitude et l’état des routes, nous nous étions donné 10 jours. Cela signifie 10 jours de nourriture à transporter. Autant dire qu’après 4 jours, notre régime alimentaire variait entre pâtes à l’ail et riz à l’oignon. Comme dernier recours, nous avions eu l’idée de nous charger de 2 kilos de farine. Pourquoi faire? Du pain aux abricots secs et aux noix cuit au feu de bois, des pancakes à la cannelle frits à la poêle, des crêpes aux cacahuètes. En fait vous l’avez compris, quand on ne pédale pas et qu’on ne grimpe pas, on passe notre temps à manger (enfin Noémie mange ce que Adam prépare!).

Dormir dehors : 215 nuits sous la tente

20 nuits hébergés gratuitement chez des amis, des hôtes warmshowers ou des inconnus généreux. 25 nuits à bivouaquer ou squatter des bâtiments abandonnés sans planter la tente. 105 nuits en hôtel, auberge de jeunesse, pension, homestay, guesthouse, camping. 215 nuits à camper dont 23 dans des campings aménagés ou des jardins d’auberge de jeunesse.

Au total, nous avons donc profité de 237 nuits gratuites (65% des nuits). Sachant que nous avions prévu de ne jamais payé pour dormir (or cas exceptionnels), ça fait une grosse différence. Cela est du à de nombreux facteurs nous ayant rendu la vie plus compliquée que prévue : le froid en hiver, une mauvaise intoxication alimentaire en Turquie, une attente longue pour notre visa ouzbèque en Azerbaijan et pour notre visa chinois au Kazakhstan. Il faut bien reconnaitre que les auberges de jeunesse ont un avantage non négligeable : celui de nous permettre de rencontrer plein de voyageurs. Mais ce que nous préférons par dessus tout c’est la liberté du camping sauvage. Dormir dans des endroits incroyables avec vue imprenable en toute tranquillité, notre définition du luxe.

Rencontrer des voyageurs : 13 compagnons de route

Même si on est parti tous les deux, nous avons finalement passé pas mal de temps à rouler accompagnés. Grâce à un peu d’organisation, nous avons réussi à partager notre mode de vie et de déplacement avec des proches : notre ami Hannes en Allemagne, puis Sylvain (le frère de Noémie) pendant 2 mois et demi de la Croatie à la Grèce et enfin Floriane (la soeur de Noémie) pendant 10 jours de la Géorgie à l’Azerbaïdjan. De façon plus spontanée, nous avons fait de belles rencontres et partagé un bout de route de quelques jours à quelques semaines avec Matt, Marc et Esteban, Katie et Jeff, Antoine et Stéphane, Constantino, Thomas et Romain . Pour vous donner une idée en chiffre, sur nos 207 jours à pédaler, nous n’en avons passé que 100 tous les 2 et 107 en bonne compagnie ! Vivre au quotidien avec des inconnus rencontrés au hasard du chemin est un moyen incroyable de prendre du recul sur notre mode de fonctionnement et de le faire évoluer grâce aux trucs et astuces des autres. C’est surtout la meilleure façon d’apprendre à connaitre des voyageurs formidables aux motivations, âges, et parcours très différents.

 

Sylvain & Adam
Floriane & Noémie

 

 

 

 

 

 

De Baku à Almaty, nous avons eu la sensation de faire partie d’une immense communauté de cyclo et de back-packer, se croisant les uns les autres, se donnant des nouvelles par l’intermédiaire des autres, ayant entendu parler les uns des autres. Le Tajikistan, ce pays mal connu et isolé, coincé entre l’Ouzbékistan, le Pakistan, la Chine et le Kirghizistan est celui où, étonnement, nous avons rencontré le plus d’aventuriers à vélo (impossible de vous donner un chiffre tellement il y en avait!).

Avec Antoine et Stéphane
Avec Constantino et Thomas

 

 

 

 

 

 

Nous rencontrons aussi des locaux bien plus souvent que nous croisons des voyageurs. Malgré la barrière de la langue, les échanges sont toujours riches. Les enfants veulent absolument tester nos sonnettes, les parents nous demandent où sont nos enfants, et les anciens sont fascinés par notre petite carte du monde que l’on sort volontiers pour leur montrer d’où nous arrivons. Une des premières choses que nous apprenons dans une langue : les chiffres. Depuis combien de temps sommes-nous partis, quel âge avons-nous, combien de kilomètres avons-nous parcouru?

Sortir le porte monnaie: 12 monnaies différentes

Au cours de l’année, nous avons été plus ou moins riches selon les pays. 1€ ne vaut pas la même chose partout :
= 0,9£ (UK)
= 7,5 kuna (Croatie)
= 133,4 leke (Albanie)
= 4,5 lira (Turquie)
= 3,1 lari (Georgie)
= 1,9 manat (Azerbaidjan)
= 388,1 tengue (Kazakhstan)
= 9400 som (Ouzbekistan)
= 10,3 somoni (Tadjikistan)
= 81,1 som (Kirghizistan)

L’Albanie est le premier pays où nous avons eu l’impression d’avoir énormément d’argent. Quelque temps plus tard nous devenions millionaires en changeant un peu plus de 100 euros en som Ouzbeque. Le problème c’est que ces millions ne valaient pas grand chose (pour 2000som vous achetez du pain). Finalement, le taux de change ne dit pas grand chose sur le niveau de vie. Les pays les moins cher ne sont pas toujours ceux qui vous donnent des gros billets. Le pays le moins cher que nous ayons traversé est le Tajikistan. Nous avons tenu 42 jours avec un peu plus de 300 euros pour deux. En général, on peut quand même dire que la vie à vélo n’est pas cher (enfin quand on ne perd rien, quand on ne casse rien, quand on a une bonne assurance santé et quand on ne rate pas 3 visas en quelques mois…)

Voyager dans le temps : 6 fuseaux horaires

À peine trois jours après le début du voyage, nous avancions nos montres d’une heure en posant le pied aux Pays-Bas. Ce ne sera que cinq mois plus tard, bien plus au sud, que nous passerons une nouvelle frontière temporelle en entrant en Grèce. 3000 kilomètres plus loin, nous perdions une heure de plus en arrivant en Georgie. En traversant la mer Caspienne, le Kazakhstan nous faisait avancer d’une heure pour la quatrième fois. Enfin, le Kyrgyzstan marque la dernière étape de cette année à voyager dans le temps.

Passer des frontières temporelles, c’est quelque chose de fascinant. Autant les frontières entre les pays sont bien visibles, autant le passage d’un fuseau horaire à un autre se fait de façon tellement progressive que lorsque le moment vient de changer l’heure, nous y sommes déjà préparés. Un des nombreux avantages de vivre dehors au rythme du soleil.

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