Tajikistan et les Pamirs

Le Tajikistan en photo

Le 22 août dernier nous rentrions au Tajikistan avec un visa de 45 jours et un plan simple : pédaler la célèbre M41 ou Pamir Highway. Au gré des rencontres et des recommandations, notre parcours a évolué. Nous avons finalement choisi de parcourir la vallée du Wakhan à la frontière avec l’Afghanistan puis de continuer dans le parc national du Zorkul. Nids de poules, cailloux, sable, tempête de neige, casse de matériel, tourista, mal des montagnes, tous les ingrédients nécessaires à une aventure grandiose vécue avec joie et sourire jusqu’au bout. 42 jours plus tard, nous avons quitté ce paradis pour le Kyrgyzstan.
Parmi plus de 1000 photos, nous en avons sélectionné et commenté 97. Vous les trouverez ici : album Tajikistan.

Et la suite ?

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Turquie, du Sud au Nord

On a passé plus de 2 mois à ne pas en croire nos yeux en Turquie. On a enfin fini la vidéo retraçant notre parcours dans cet incroyable pays.

Pour 70 jours sur place, nous avions plus de 3 heures de prise de vue. Trier, organiser, couper, recadrer, stabiliser, supprimer les sons parasites, choisir la musique, c’est un vrai travail de création qui nous a pris plus de 4 semaines pour un résultat un peu différent des vidéos précédentes. On s’est posé tout un tas de questions, notamment sur la durée et le rythme. 20 minutes à regarder, c’est peut-être trop long surtout qu’on parle très peu. Et en même temps les images sont tellement variées et belles : paysages, animaux, monuments, montgolfières, vélo, kayak, mécanique, escalade, balades.
Bref, si vous avez le temps de regarder, dites nous ce que vous en pensé. Difficile pour nous d’être objectif face à tant de bons souvenirs…

 

 

Nouvelles en photos depuis l’Ouzbekistan

Le désert et l’eau pas vraiment potable du Kazakhstan nous ayant rendu bien malades, nous étions arrivés en train à Nukus dans le nord-est du pays le 3 août. On a bien pédalé depuis puisqu’on est plus qu’à un jour du Tajikistan où on prévoit de traverser les montagnes du Pamir.

Parce qu’on a pas mal d’articles de blog en cours de rédaction et de vidéos en cours de montage (ça arrive bientôt), on a décidé de vous donner des nouvelles de la façon la plus facile, en photos commentées de l’Ouzbekistan.

Kalymnos, vie sur la plage et aventures verticales

Kalymnos est une île grecque de l’archipel du Dodécanèse dans la mer Égée. Elle se trouve à 12 km au nord de l’île de Kos, à 2 km au sud de Leros et près de la Turquie au niveau de la péninsule de Bodrum. Couverte de falaises impressionnantes, elle est depuis plus de dix ans une destination mondialement connue pour l’escalade. Nous y avions passé le mois de mars à découvrir les trésors cachés de l’île.

[Les mots en italiques sont expliqués dans un lexique à la fin de l'article et le nom de chaque voie est un lien vers sa description.]

Une bonne excuse pour rester

Pendant deux semaines, on alterne entre grimpe et organisation de la suite du voyage. On se remet doucement en forme tout en gérant nos petits soucis matériel. Les allers-retour au village pour utiliser internet sont quotidiens et jamais inutiles grâce à l’assistance délocalisée de Ian, le papa à Adam qui nous envoie un texto dès qu’un nouveau mail arrive. Optimus doit nous faire parvenir une vis de rechange pour notre réchaud. Hilleberg accepte de nous changer l’intérieur de la tente qui prend l’eau.  Ciclopia, le magasin de vélo autrichien qui avait réparé les freins à Adam (à nouveau en rade…) nous promet de nous envoyer un kit de purge. James, de Mikulici Nature Park en Croatie nous fait suivre un colis qui était arrivé après notre départ. Les parents à Adam font partir un paquet comprenant deux tee-shirt sans trous et un finger-board (un morceau de bois avec des trous pour s’entrainer pendant nos longues périodes à pédaler sans voir de falaises). On colle des rustines, on raccommode, on nettoie. Au milieu de toute cette gestion matérielle, notre motivation pour l’escalade n’est plus ce qu’elle était. La couenne (voie d’une longueur), c’est bien un moment mais on finit par s’ennuyer. Nous ce qu’on aime, c’est l’aventure des grandes voies. On en a trouvé deux qui nous ont bien plu : Oraia Stithi, 6a+ et Spaced Walk, 6a+ . Mais avec seulement 5 longueurs, on est resté sur notre faim.

Telendos, la petite voisine qui a tout d’une grande

Maintenant que tous nos colis sont en route, il ne reste plus qu’à attendre. Et à priori, il va falloir être patient. On vient d’appendre, un peu tard, que les grecques eux-mêmes n’utilisent plus La Poste depuis la crise. Les effectifs et les moyens ont été tellement réduits que les délais sont ahurissants. Fin mars, l’épicière vient juste de recevoir une carte de Noël… Ça tombe pas trop mal puisqu’on a décidé  d’explorer l’île d’en face, Telendos.
Séparée de sa grande sœur par un tremblement de terre au 6ème siècle, il n’y a ici ni routes ni voitures, seuls quelques bar-restaurant-appartement et trois kilomètres de falaises de 250m surplombant la mer. Dans ce paradis isolé, quelques grandes voies sont équipées. On commence par la plus récente, ouverte en novembre 2016, Prometheis, 6b.
Approche parfaitement fléchée, cailloux magnifique, vue incroyable, on est conquis. C’est décidé, on déménage pour de bon. Le lendemain, c’est repos. On en profite pour aller récupérer quelques affaires laissées au disco-club-camping, dont la tente, qui trouve sa place sur une plage de rêve oubliée de tous. Sur les conseils de Yannis, grimpeur local propriétaire de Rita Restaurant, on part le lendemain pour Wild Country, 6a+. La marche d’approche est beaucoup plus longue et compliquée (parce qu’on a pris le mauvais chemin…) mais l’effort en vaut la peine. Passage dans des grottes, traversées aériennes et une vue dont on ne se lasse pas. Les deux semaines qui suivent passent tellement vite que nos colis en transit ne sont qu’une fausse excuse pour gravir toutes les grandes voies de l’île. Eterna, 6b+, journée baignade, Wings for Life, 6a, réapprovisionnement à Kalymnos,  De Charybde and Cila, 6b+, journée repos et fabrication d’un radeau. On a désormais épuisé toutes les routes de la face Sud à notre portée. Serait-il temps de partir ?

Que du beau monde

Difficile de se résoudre à quitter notre paradis. Les quelques habitants de l’île nous connaissent désormais bien et on se sent comme à la maison. Un des capitaines de ferry nous a laissé aux commandes du bateau alors qu’on revenait des courses sur Kalymnos. Le berger m’a présenté deux petits agneaux nés la veille et nous a promis une livraison de fromage sur notre plage. Nos conversations avec Yannis, chez qui on passe la plupart de nos soirées, sont toujours un grand moment. Il nous parle de son nouveau projet, Rita – du nom de sa femme – cette grande voie qu’il est en train d’ouvrir avec trois amis italiens. Le niveau ne dépassera pas 6b, non pas parce qu’il l’a déjà grimpé mais parce que son médecin lui a interdit les niveaux au dessus à cause d’un problème au coeur. Il nous raconte sa vie avant le restaurant, avant l’escalade. Autrefois, le travail le plus commun à Kalymnos était plongeur-chasseur d’éponges. Nombreux sont ceux qui y ont laissé la vie, les techniques et les connaissances des effets de la plongée sous-marine n’étant pas connues à l’époque. Lui était chasseur. Ils partaient en groupe d’une dizaine de Yannis -le prénom le plus répandu en Grèce- pour des expéditions de plusieurs jours sur des îles inhabitées. Il nous explique sa vision de la crise grecque, les nouvelles taxes qu’on lui fait payer chaque année, l’absence de médecins compétents sur Kalymnos, le report de l’âge de la retraite de 62 à 67 ans, la suppression des liaisons quotidiennes avec Athènes par ferry, l’importance de l’escalade pour la survie de l’île. On lui raconte nos dernières grimpes autour d’une bière, lui demande des conseils, l’appelle à la rescousse quand on rate le dernier ferry pour rentrer.

Sur Telendos, on a aussi rencontré Rut et Jan, un couple de retraités belges pas comme les autres. Ils font partis des premier à être venus grimper ici il y a 20 ans, quand il n’y avait pas encore de topo et qu’il fallait se renseigner au hasard des rencontres. Ils reviennent chaque année, avant le début de la saison, pour profiter du rocher dont ils ne se lassent pas. Elle était enseignante, il est guide de haute montagne. Ensemble, ils sont partis pour des expéditions sur les plus hauts sommets du monde dans les années 1990. Inde, Nepal, Pakistan. On leur parle de notre projet de pédaler la Pamir ou la Karakorum Highway. Chacune de nos rencontres sur la terrasse de Rita Restaurant sont l’occasion de conversations passionnantes.

Le jour où on grimpe Wings for Life, Greta et Leo un couple allemand de notre âge en vacances sur l’île, a eu la même idée que nous. Sommet atteint à quelques minutes d’intervalle, nous avions profité de la longue marche de retour pour discuter. Deux jours plus tard, on mangeait chez eux et on se retrouvait pour une dernière journée de grimpe la veille de leur départ. Sans que ce soit prévu, on s’embarquait pour une dernière grande voie. Une aventure mémorable de plus…

Deux journées épiques

Gelitokit, 6b+
Un de nos colis n’est toujours pas arrivé. On commence à lorgner sur la face Nord. Il reste une voix que Yannis n’a jamais faite, qui nous paraît pas mal. Gelitokit, décrite comme engagée et réservée aux grimpeurs expérimentées avec dalles, fissures, grottes et pilier très exposé. Impossible de savoir quand elle a été grimpée pour la dernière fois. Allez, c’est parti. Trouver le départ se révèle ultra difficile mais les quatre premières longueurs en valent la peine. Complètement différente des autres voies de l’île, la deuxième longueur est même dotée d’une fissure off-width. On a l’impression d’avoir trouvé la cerise sur le gâteau… Et d’un coup, tout se gâte. Le quatrième relais est accroché à un énorme bloc (environ 6 mètres de haut par 2 mètres de large) qui paraît prêt à se jeter du haut de la falaise. Adam réussi à se stabiliser sur ses pieds sans mettre en tension la chaine, pendant que je m’engage dans cette dernière longueur de la mort. Parce que voilà que je suis censée grimper le long de ce rocher suspendu et m’installer dessus pour assurer Adam. Dans ma tête, les images défilent. Si le bloc se décroche, Adam part avec et me tire avec lui. Pas  question de le toucher même du petit doigt. Peut-être qu’il tiendrait mais je ne préfère pas essayer. J’hésite et décide finalement de traverser à gauche où le rocher est solide, sans protection, en espérant trouver un meilleur endroit pour assurer. Au terme d’une interminable lutte psychologique avec moi-même, un run-out de 20 mètres me permet de trouver deux arbres, d’où je peux assurer Adam en relative sécurité. De retour à Rita Restaurant, on est content de pouvoir raconter notre mésaventure à Rut, Jan et Yannis. Ils nous conseillent de le déclarer sur le site dédié pour éviter que quelqu’un n’y retourne ou pour que la dernière longueur soit ré-équipée. Difficile à comprendre le choix de cette ligne inutilement dangereuse par les ouvreurs, d’autant plus que le rocher était solide sur la gauche… Demain sera un jour de repos bien mérité.

Les copains d’abord, 6a+
C’était sans compter sur Greta et Leo, super motivés, qui nous invitent à les rejoindre sur Kalymnos. Allez, c’est parti. Après quelques longueurs, Leo regarde le topo et nous dit “Et mais il y a une grande voie que vous n’avez pas encore faite ici, ça vous dit ?”. Il nous lit la description. Au mot cheminée, un immense sourire se dessine sur mon visage. J’adore les cheminées. Ni une ni deux nous voilà lancés. Nos deux cordées avancent bien et on atteint le somment plus rapidement que ce qu’on pensait. Parfait. Une chouette voie de plus, bien moins effrayante que celle d’hier. Maintenant la descente. On choisi les rappels, la marche de retour n’étant pas fléchée et très longue. Après le premier rappel, la corde s’enroule autour d’un buisson. Il faut grimper pour la décoincer. Problème vite résolu. Le deuxième rappel est impossible à trouver. Après une inspection minutieuse des lieux de plus de quarante minutes, on décide d’utiliser un relais repéré plus tôt mais pour lequel un casque aurait été le bienvenu, des blocs étant prêts à se décrocher un peu partout. Nous voilà tous les quatre sur la plateforme suivante, plus qu’à faire tomber la corde et installer le dernier rappel. On tire, d’abord à deux, puis à trois, puis à quatre. Pas moyen. C’est  bloqué. Adam, qui est malheureusement pour lui, le plus expérimenté de nous tous, se prépare à une remontée au prussik. Opération périlleuse puisque le mouvement de la corde pourrait faire tomber des cailloux. Après 40 mètres de grosse suée, le mystère est résolu. Nos deux cordes s’étaient tellement enroulés l’une autour de l’autre qu’elles ne bougeaient plus. Il redescend. On tire à nouveau. Ça ne vient toujours pas. Quit pour une deuxième suée ! Installer le prussik, tirer avec les bras, pousser avec les jambes… On retient tant bien que mal notre fou rire en le regardant. Il redescend, plus ou moins confiant alors que le soleil disparait à l’horizon. Hip Hip Hip hourra ! On ne va pas passer la nuit là ! Les cordes tombent à nos pieds, on installe notre dernier rappel et on se dépêche de rentrer.

C’était notre dernière voie. Dans deux jours nous quitterons l’ile pour reprendre la route. Sentiments mêlés de tristesse et d’excitation. L’aventure continue !

Lexique

  • Falaise équipée : Falaise sur laquelle des protections permanentes nécessaires à assurer la sécurité du grimpeur lors de sa progression ont été mises en place.
  • Couenne : Voie équipée de plusieurs mètres à plusieurs dizaines de mètres.
  • Grande voie : Enchaînement successif de plusieurs voies pour gravir des falaises de plusieurs centaines de mètres. La jonction entre deux voies se fait au relais, lieu sécurisé par deux ancrages et une chaîne où le premier de cordée assure le second pour le faire grimper.
  • Fissure off-width : Fissure trop petite pour grimper en coinçant votre corps à l’intérieur et trop grande pour coincer les mains. Grimper un off-width est habituellement accompagné de sueur, de sang, de larmes et de jurons. Plus semblable à un match de boxe qu’à de l’escalade réelle.
  • Run-out : Grimper plusieurs mètres voir dizaine de mètres sans protection.
  • Rappel : Technique de progression sur corde permettant la descente d’une zone verticale et la récupération de la corde par le bas.
  • Prussik : Anneau de cordelette utilisé pour l’assurage autonome en rappel. La cordelette est enroulée sur la corde de rappel par un nœud prussik et reliée au baudrier, et sert d’autobloquant si le grimpeur lâche son descendeur.
  • Cheminée : fissure large dans laquelle on peut introduire le corps, et que l’on remonte en utilisant des techniques d’opposition.

Tbilisi-Bakou, quand on veut on peut

709 kilomètres parcourus en 10 jours, dont 7 à pédaler. Un record de 152 kilomètres en un jour et deux autres jours à plus de 120 kilomètres.
Deux pays, la Georgie et l’Azerbaïdjan, aux conditions de circulation bien différentes de l’Europe.
Des températures atteignant les 50 degrés au soleil, une moyenne de six litres d’eau bu par personne et par jour, des dizaines de piqûres de moustique.
6 nuits en camping sauvage, 6 douches en rivière, 2 crevaisons.

Cliquez ici pour les photos de l’Azerbaïdjan.
Cliquez ici pour les photos de la Géorgie.

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Bienvenue en Turquie

Après des aurevoirs en pleurs à l’île paradisiaque de Telendos et à notre ami Yannis, on embarquait pour la Turquie le cœur gros. C’était il y a déjà un mois. Et finalement, on a rapidement retrouvé le sourire…

Parce qu’ici, on a jamais faim

On a perdu pas mal de poids depuis notre départ. Heureusement, les Turcs sont là pour nous remplumer. Et ce n’est pas peur dire. Pas un jour ne passe sans qu’une voiture ne s’arrête en warning pour nous tendre à manger par la fenêtre. Des pommes, des noix, des cookies, des abricots, des gozleme, des bouteilles d’eau, des biscuits salés, des pêches, du çay (le thé local), des coing (bien meilleur que ceux qu’on a chez nous). Et quand nos odeurs corporelles nous forcent à prendre une chambre pour la nuit, le petit déjeuner est toujours un vrai festin aux couleurs locales.
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Grèce, quand (presque) rien ne se passe comme prévu

Arrivés en Grèce le 20 février dernier, on y était restés jusqu’au 10 avril. 40 jours pendant lesquels rien (ou presque) ne s’est passé comme prévu.

Entrée en Grèce chaotique

Adam, blessé au genou, a été forcé de rejoindre Meteora via Athènes par une combinaison de bus-train qui lui a pris deux jours. Pendant ce temps là, Sylvain et moi nous retrouvions obligés de prendre l’autoroute pour éviter un détour de 200 kilomètres.
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Squat Advisor, notre coup de coeur Europe


Squat Advisor, c’est un concept nouveau. Si l’envie vous prend de sortir des sentiers battus, d’aller passer une nuit dans un endroit couvert où personne ne met les pieds, ne cherchez plus. Nous avons forcément un squat pour vous.

La grotte de S***a N*****a sur l’île de H**r

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Squat Advisor

Adeptes du camping sauvage depuis longtemps, nous avons découvert l’art du squatting plus récemment. Dans certaines conditions particulières, lorsque planter sa tente est impossible (zones urbanisées, tempêtes, absence de terrain plat…) squatter s’impose comme LA solution. Encore faut-il trouver l’endroit idéal.

Squat Advisor, qu’est-ce que c’est ?

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